| Série de l’année 1979 |
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« Sergeï Essaïan est un obsédé de la figure humaine. Elle fonctionne réellement comme le pivot, l’axe de toute son œuvre. On la retrouve dans chacun de ses travaux, sujette à de multiples évolutions. Dans les premières œuvres, des dessins et des aquarelles datant de l’époque où il était encore à Moscou, la figure humaine prolifère : elle se multiplie théâtralement, dramatiquement, dans le cadre de l’œuvre. On retrouve en effet ici l’expérience de l’homme de théâtre à la recherche d’une organisation idéale des personnages sur scène. Il en résulte évidemment de savantes composition qui sont autant d’hommages aux maîtres du classicisme : plus d’une, en effet, font penser à des toiles de Poussin ou de Vélasquez où les personnages s’ordonnent selon une économie préexistante à l’œuvre. On est loin des compositions sophistiquées du début : c’est le corps humain qui impose ici sa propre construction, qui vit organiquement sur le papier. Mais il ne faudrait pas croire que ces torses parfois distendus se veulent une dérision de l’humanité, comme chez Francis Bacon ; au contraire, on discerne chez Sergeï Essaïan, à travers l’expansion de la forme humaine, situation que le XXème siècle lui a bien contestée. » Loïc Chotard, 1981.
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